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Cérémonie d’hommage à Samuel Paty

Les délégués de classe et leurs suppléants ont assisté à l’inauguration d’un lieu de mémoire en l’honneur de notre collègue Samuel Paty.

Paroles d’introduction: « Ce matin nous ne devrions pas être ici et cette plaque que nous inaugurons ne devrait pas être au mur. Et pourtant l’impensable s’est produit: un enseignant a été assassiné pour avoir fait un cours sur la liberté d’expression. C’est inimaginable, mais cela a eu lieu. Nous sommes présents pour deux raisons:

– Lui rendre hommage et honorer sa mémoire.
– Montrer par notre attitude notre attachement aux valeurs et principes de la République qui nous protègent collectivement. »

Ci dessous les textes qui ont été lus par les élèves:

Extrait d’un discours de Ferdinand buisson en 1903:

« Le premier devoir d’une République est de faire des républicains, et l’on ne fait pas un républicain comme on fait un catholique. Pour faire un catholique il suffit de lui imposer la vérité toute faite : la voilà, il n’a plus qu’à l’avaler. Le maître a parlé, le fidèle répète. Je dis catholique, mais j’aurais dit tout aussi bien un protestant ou un croyant quelconque. La différence, c’est qu’aux protestants on dit qu’il faut croire la Bible et aux catholiques on dit qu’il faut croire le pape. Mais, Bible ou pape, c’est toujours l’autorité prétendue sur naturelle, et toute l’éducation cléricale aboutit à ce commandement : croire et obéir, foi aveugle et obéissance passive. Citoyens, je vous en prie, réfléchissez-y : Est-ce qu’on apprend à penser comme on apprend à croire ? Croire, c’est ce qu’il y a de plus facile, et penser, ce qu’il y a de plus difficile au monde. Pour arriver à juger soi-même d’après la raison, il faut un long et minutieux apprentissage ; cela demande des années, cela suppose un exercice méthodique et prolongé. Sans doute, il y a des vérités incontestables, mais celles-là, l’État n’a pas besoin de les imposer : personne ne les conteste. Telles sont les vérités mathématiques, les lois fondées sur l’expérience dans tous les ordres de science. Celles-là, l’État les enseigne, non à titre de dogmes, mais à titre de vérités démontrées et que chacun peut toujours vérifier. Quant aux autres, aux croyances, aux opinions, aux hypothèses, aux convictions religieuses, par exemple, l’État ne les enseigne pas. »

Poème, adieu liberté d’expression de Hubert Mordain:

Tu étais un peu notre liberté,

Notre défouloir aussi parfois,

Tu nous permettais de nous lâcher,

Sans craindre qui que ce soit.

 

Au pays des droits de l’homme,

Tu avais su faire ta place,

Du moins, tu avais fait tout comme,

Avec généralement, assez de classe.

 

Les temps hélas ont changé,

Et toi aussi tu en as fait les frais,

Tes valeurs ont fini par diminuer,

Nous coupant peu à peu le sifflet !

 

Depuis quelques temps, il faut l’avouer,

Toi qu’on appelait « liberté d’expression »,

Tu fais grise mine à notre société,

Victime d’un tas d’interdictions.

 

L’intolérance est à présent ubitiquaire,

Certains disent que c’est comme ça,

Qu’on ne peut hélas rien y faire,

Que désormais plus rien ne changera !

 

Il est évident qu’en allant dans ce sens,

Nous aurons bien vite perdu nos acquis,

Nous serons prudes, plein d’innocence,

Condamnés à ne plus donner son avis.

Enfin, pour terminer, le chœur des esclaves de l’opéra de Verdi, Nabucco:

Avec les paroles:

Quand tu chantes, je chante avec toi, Liberté
Quand tu pleures, je pleure aussi ta peine
Quand tu trembles, je prie pour toi, Liberté
Dans la joie ou les larmes, je t’aime
Souviens-toi, des jours de ta misère

Mon pays, tes bateaux étaient tes galères

Quand tu chantes, je chante avec toi, Liberté
Et quand tu es absente, j’espère
Qui-es-tu ? Religion ou bien réalité
Une idée de révolutionnaire

Moi, je crois que tu es la seule vérité
La noblesse de notre humanité
Je comprends qu’on meure pour te défendre
Que l’on passe sa vie à t’attendre

Quand tu chantes, je chante avec toi, Liberté

Dans la joie ou les larmes, je t’aime
Les chansons de l’espoir ont ton nom et ta voix
Le chemin de l’histoire nous conduira vers toi
Liberté, Liberté

Quelques photos:

 

 

 

Stéphane Reix

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