Critique du roman  » Mes deux Allemagne « , de Anne Charlotte Voorhoeve

 

Le visuel de couverture est propriété de l’éditeur.

    J’ai particulièrement apprécié le roman «Mes deux Allemagne », de Anne. C Voorhoeve, il m’a énormément plu et beaucoup intéressé.

En premier lieu, ce livre narre une histoire poignante, touchante et bouleversante.

Ainsi, ce roman retrace l’histoire tragique, de Lilly, une jeune fille de 13 ans, qui habite à Hambourg, en Allemagne, en 1988. Sa maman, Rita, vient de mourir d’un cancer ; son père est mort lorsqu’elle était petite. Lilly se retrouve donc seule, confiée à une tutrice et elle doit vivre dans un orphelinat. A l’enterrement de Rita, Lilly rencontre pour la première fois sa tante Lena dont elle se sent immédiatement proche alors qu’elle ne l’a jamais vue. « Un ange, c’était un ange ! Un ange au regard débordant d’amour et de compassion, et dont la silhouette inondée de lumière irradiait une force communicative. » Lena vit en RDA et, pour la première fois de sa vie, elle a pu se rendre à l’Ouest. Rita aussi est née dans ce pays, y a vécu son enfance et son adolescence, jusqu’à ce qu’elle s’en échappe lorsqu’elle a rencontré le futur père de Lilly. Après l’enterrement et un jour merveilleux passé avec Lilly, Lena doit rentrer chez elle. Mais cette rencontre donne à Lilly l’espoir, l’envie de vivre et de se battre : elle ne se sent plus seule ni abandonnée, elle sait à présent qu’elle a une famille, mais qui se trouve, hélas, de l’autre côté du mur ! Comment faire pour la retrouver ?

En second lieu, ce récit se déroule en 1988, dans un contexte historique et humain très fort.

Prenons pour exemple, celui de la division de l’Allemagne, de la ville de Berlin, en deux blocs, un Berlin-Ouest ( la RFA, sous contrôle américain) et un Berlin-Est (la RDA, sous contrôle soviétique ).

Une frontière infranchissable divise l’Allemagne en deux pays distincts en 1988, le mur de Berlin, le mur de la «honte ».

De part ce mur et les frontières, un conflit larvé oppose férocement l’Est et l’Ouest.

De plus, ce récit est rédigé sou forme épistolaire ; ce qui rend ce livre très agréable à lire aux lecteurs, ainsi que l’écriture de l’auteur qui est très fluide et légère.

Par exemple, au début du récit, la narratrice, Lilly est une jeune femme adulte, qui fait la connaissance d’un homme, dont le nom lui rappelle son propre passé ; ceci est le fil conducteur du récit.

Sa propre histoire, mais aussi celle de sa mère, Rita et de sa tante, Lena, seize ans auparavant, elle va se remémorer, revivre et narrer aux lecteurs.

L’intrigue du roman se tisse autour des souvenirs et flashbacks, qui resurgissent à la narratrice. Le récit est rythmé au fil des souvenirs de Lilly, de ce long retour en arrière.

Cela crée un ensemble homogène et harmonieux, nécessaire pour dresser le portrait de cette famille déchirée, tiraillée par la carte géopolitique.

Cet ouvrage est un beau roman sensible et passionnant, à l’écriture fluide et légère.

Puis, ce roman est basé sur un contexte historique réaliste et tiré de faits réels. Ce livre est à la fois très réaliste et déchirant.

Comme, on peut se rendre des conséquences, ravages et méfaits de la partition de l’Allemagne; qui a déchiré et séparé plus d’une famille, et entrainé de douloureuses séparations et parfois irrémédiables.

Aussi, ce roman est porteur de messages forts et profonds, le récit est en apologue et moralisateur.

Notamment, il porte le message d’espoir, dans le changement, en un renouveau meilleur, dans la résistance passive pour rester debout.

Ensuite, ce récit est basé autour d’un personnage important, qui est un acteur majeur de l’histoire, son centre, le héros du récit, Lilly.

En effet, Lilly est un personnage attachant et positif, à l’allure de héros.

Elle est pugnace et échafaude un plan ingénieux, mais insensé pour parvenir à ses fins, à son but ultime, traverser le mur de Berlin.

Elle poursuit son rêve, coûte que coûte, quitte à vers le chemin inverse de celui des Allemands, à cette époque; ce qui nous témoigne de sa grande déterminations de fer et de sa pugnacité.

Par ailleurs, c’est une histoire à laquelle on peut s’identifier.

Par le fait que le récit soit rédigé d’un point de vue interne, celui de Lilly, à la 1ère personne du singulier (je) ; ce qui permet aux lecteurs de mieux s’identifier au narrateur, de s’immerger au cœur de l’histoire, de s’évader.

Cela rend le récit et la trame plus réaliste, vivante et passionnante aux yeux du lecteur, lorsqu’il se sent concerné.

D’autre part, ce roman est un récit aux abords philosophiques, traitant de nombreux thèmes.

Tel est le cas du travail sur le deuil, que le narrateur traite lorsque la mère de Lilly succombe d’un cancer et son père qui meurt en montagne peu de temps après sa naissance.

L’auteur traite aussi dans ce livre les thèmes des secrets de famille et les séquelles que la longue séparation des deux Allemagne a laissé à ses habitants.

En outre, cet ouvrage nous raconte le voyage, le périple de Lilly, cette pauvre petite orpheline. C’est un voyage initiatique au bout de la vie.

À preuve, cette dernière se lance dans un périple irréaliste, absurde et utopique; traverser le fameux mur de Berlin pourtant réputé infranchissable. Elle est prête à tout quitter quitter, quitte à braver les interdits et les dangers, au péril de sa vie.

Néanmoins, elle ignore que son pari fou est déjà perdu d’avance, le Mur de Berlin tombera quelques mois plus tard, le 9 Novembre 1989.

À plus d’un titre, une atmosphère pesante y règne, celle de la Guerre.

Par le fait de la lourde atmosphère politique du régime totalitaire, soviétique de la RDA. Cette atmosphère y est particulièrement bien évoquée ainsi que la propagande, la manière dont les Allemands de l’Est contournent les interdits, les vies brisées par la séparation, … .

Par ailleurs, quelques nuances et contradictions, Lena aime son pays, malgré tout, et n’a pas envie de le quitter.

En dernier lieu, ce livre reste, néanmoins, tout au long du récit sombre et mystérieux.

L’exemple de la présence de secrets de famille en atteste.

L’arbre de cette famille a du mal à s’esquisser, Lilly a perdu son père trop tôt; c’était un héros. Il a risqué sa vie pour préserver sa famille, c’est grâce à lui et à l’amour qu’il leur porte, que sa mère et elle ont pu se réfugier, en RFA, à Hambourg.

En conclusion, à la fois œuvre romanesque et ouvrage pédagogique, ce livre nous apporte un éclairage intéressant sur ce climat pesant qui a longtemps régné sur cette parcelle d’Europe, un pays séparés en deux, des générations à jamais marquées, des familles séparées, … .

Au centre, Lilly, treize ans, est encore trop jeune pour saisir toutes les nuances de la guerre et politiques, d’autant que sa propre mère était restée secrète sur son passé en Allemagne de l’Est.

C’est un peu un choc des cultures, une Wessi pour les uns, une Ossi pour les autres, elle gardera la double identité, étrangère pour les uns comme pour les autres. Ce livre émouvant met en scène l’antagonisme Est-Ouest vu par le prisme d’une famille; c’est un bel hommage à la réunification de l’Allemagne. L’auteur ne cache pas les difficultés matérielles, ni les atteintes à la liberté, ni la surveillance policière du régime Est-Allemand mais il ressort du livre que l’amour permet de les surmonter.

Un très bon roman, écrit avec sensibilité et justesse, sans misérabilisme.

De Cascales Camille,

3ème A

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