« Veuillez écouter quelques messages personnels… »

Depuis septembre 1940, la BBC diffuse des messages personnels pour que les soldats partis en Angleterre puissent rassurer leurs familles qui sont restées en France.

A partir de septembre 1941 , les Alliés décident d’utiliser la BBC pour envoyer des messages personnels codés. Seuls les groupes de Résistants à qui ils sont destinés connaissent leur sens caché.

« Radio-Paris ment, radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand! «  

L’émission commence chaque soir par ce célèbre slogan qui rappelle aux Français qu’il faut se méfier des informations diffusées sur Radio-Paris et par le décompte des jours de lutte pour la Libération. L’armée allemande brouille systématiquement les émissions pour tenter de les rendre inaudibles car tous les auditeurs savent que ces phrases amusantes, poétiques ou absurdes sont des instructions précises adressées à la Résistance.  Les messages personnels peuvent contenir  :

  • des ordres pour préparer une action  : un parachutage, un sabotage …
  • la confirmation que les informations envoyées par les Résistants ont bien été reçues par les Alliés.
  • des remerciements ou des félicitations pour les actions menées par les Résistants
  • Ce peut être aussi des messages destinés à induire les nazis en erreurs : Les Alliés submergent les Allemands d’un grand nombre de messages pour qu’ils gaspillent leurs efforts à les décrypter et qu’ils aient moins de temps pour décoder les messages réellement importants. De l’hiver 1941 à l’automne 1944, la BBC va diffuser  plus de 50 000 messages personnels

« Ici Londres … »

Dans toute l’Europe, les radios retransmettent chaque jour des nouvelles du front et des discours mais tout ce qui est diffusé à l’antenne est très sévèrement contrôlé par les gouvernements. Les stations de radios constituent de véritables armes de guerre.

Radio Paris est diffusée dans toute l’Europe et l’Afrique du Nord.  Le 18 juillet 1940, elle passe sous le contrôle des Allemands qui en font leur principal outil de propagande. La liberté d’expression est supprimée, seules les informations favorables aux nazis sont annoncées de manière à imposer leur point de vue à la population.

A partir de juin 1940, la BBC ouvre son antenne aux Résistants qui ont rejoint l’Angleterre. Elle communique des nouvelles qui contredisent la propagande allemande et permet de maintenir le contact entre la Résistance européenne et les Alliés.

Radio Londres est le nom donné aux émissions diffusées en français par la BBC à partir du 19 juin 1940. Les émissions de Radio-Orange, diffusées en néerlandais, sont  écoutées en cachette par les clandestins de l’Annexe où était cachée Anne Frank.

Les autorités nazies interdisent de capter ces radios étrangères ; elles brouillent les émissions pour les rendre inaudibles. Certaines personnes écoutent malgré tout ces émissions, mais en cachette, pour ne pas être dénoncées par leurs voisins.

 

V is for Victory

Durant la Seconde Guerre mondiale,  le signe V devient un symbole de la Résistance anti-nazie : c’est à la fois la première lettre du mot français Victoire,  du mot anglais Victory  et du mot néerlandais Vrijheid  (= Liberté). 

A partir de mars 1941, la BBC demande aux habitants des pays occupés de tracer la lettre V partout où cela est possible pour montrer leurs soutiens à la France Libre. Dans toute l’Europe, on voit apparaître sur les murs la lettre V écrite à la craie, au charbon ou à la peinture.  Faire ce graffiti est un acte de Résistance : c’est s’opposer à la propagande nazie.

La BBC utilise les premières notes de la 5ème symphonie de Beethoven pour commencer les émissions clandestines destinées aux Forces Françaises de l’Intérieur ( = F.F.I) : les 3 coups de timbales brefs suivi d’un coup long correspondent à la lettre V dans l’alphabet morse. 

Ecouter

( source : collections of the Imperial War Museums)
(source : Fondation Charles De Gaulle)

Winston Churchill fait ce geste du V de la victoire dès qu’un photographe est présent.

Charles de Gaulle fait le signe dans ses discours à partir de 1942.
Le V abritait souvent une Croix de Lorraine, emblème de la France Libre.

 

Notre visite de l’exposition Anne Frank

Le 1er mars,  nous nous sommes rendus à la mairie de Bourganeuf pour visiter l’exposition « Anne Frank, une histoire d’aujourd’hui« . Nous nous sommes organisés en deux groupes :  les CM2 ont d’abord été voir le film pendant que les CM1 visitaient l’exposition avec les guides. Ensuite nous avons échangé.

Sur chaque panneau de l’exposition, il y avait une frise chronologique, des photos d’Anne Frank et de l’Annexe, des affiches de propagandes, des extraits du journal d’Anne Frank. Au début, les guides nous ont expliqué la vie quotidienne d’Anne Frank et après ils nous ont parlé des camps de concentration.

Le film parlait de la vie quotidienne d’Anne Frank et de sa famille dans l’Annexe, de ce qui s’est passé avant et pendant la Seconde guerre mondiale.

Anne Frank est une jeune fille juive. A 13 ans, elle a commencé à écrire un journal intime. Elle le considérait comme une amie et l’appelait Kitty. En juin 1942, Anne et sa famille ont été obligés de se cacher dans l’annexe de l’entreprise de son père pour échapper aux nazis. Anne, son père Otto, sa mère Edith, sa soeur Margot, la famille Van Pels et Fritz Pfeffer sont restés cachés pendant 2 ans. Ils ont été dénoncés et arrêtés le 4 août 1944. Ils ont tous été emmenés dans les camps de concentration. Otto Frank est le seul qui a survécu.

 

  • Pour moi c’était bien et en même temps ça m’a aidé pour l’évaluation d’histoire (Betul)
  • C’était génial (Agathe D.)
  • J’ai aimé parce qu’on a pu mieux découvrir la vie d’Anne. J’ai aimé le film parce qu’il y avait des choses plus précises que sur les affiches. J’ai aimé participer à ce projet avec les 3eme  (Angélique)
  • J’aime bien l’exposition mais pas trop le film car il rajoutait encore d’autres informations et je m’y perdais un peu (Agathe M.)
  • J’ai tout aimé. Nous avons appris plein de choses. Ayse , Ismihan et Martin se sont engagés pour être guides ; ils ont été formés pour être guides (Dilara)
  • J’ai aimé l’exposition d’Anne Frank car j’ai appris beaucoup de choses sur leurs vies et ce qu’ils sont devenus (Halime)
  • J’ai aimé l’exposition car je pense avoir appris de nouvelles choses sur Anne Frank et sa famille (Jenon)
  • Nous avons été la première classe a visiter l’exposition à Bourganeuf (Julien)
  • J’ai aimé car la vie d’Anne Frank m’intéresse beaucoup (Léa)
  • J’ai aimé le film et l’exposition moyennement parce que ça nous a expliqué des choses mais il y a des dates que je n’arrivais pas à relier à l’image et je ne comprenais pas (Mathieu)
  • Je n’ai pas aimé parce que ça a duré longtemps (Metin)
  • On a regardé une vidéo sur Anne Frank. Moi j’ai aimé l’exposition et à la fin on s’est promené et on a regardé les affiches . J’ai bien aimé parce que j’ai appris la vie d’Anne Frank et de sa famille (Ömer)
  • J’ai bien aimé l’exposition, elle était très bien présentée par les guides. Par contre je n’aime absolument pas quand c’est trop triste (Sasha)
  • Moi j’ai adoré car on dirait que je ressens tout ce qui s’est passé pour Anne Frank (Sevde)
  • J’ai bien aimé parce que ça nous a permis de connaitre plus de choses sur Anne Frank ( Tarik)

 

 

 

 

La Bataille du rail

Le 29 mars 2018, nous sommes allés visiter la gare des Bénédictins pour savoir ce qui s’est passée là-bas car c’était un endroit stratégique pendant la Seconde Guerre Mondiale

Notre guide nous a expliqué que Limoges a accueilli de nombreux réfugiés dès 1937 à cause de la Guerre d’Espagne.
En juin 1940, la gare a été bombardée par des avions italiens mais il n’y a pas eu de dégâts.  Grâce à une maquette, le guide nous a expliqué que la gare est soutenue par des piliers et que les trains passent en fait sous la gare. Si la gare s’était écroulée, tous les trains auraient été bloqués.

A partir de l’invasion de la zone libre par les nazis en novembre 1942, des cheminots allemands ont été envoyés à Limoges. Dans le hall de la gare, il y a  une plaque commémorative qui rend hommage aux Résistants qui travaillaient à la SNCF et qui sont morts à cette terrible époque. Nous avons parlé de comment ils pouvaient saboter et comment ils trouvaient des armes.

La résistance des cheminots français pendant l’occupation nazie et leurs efforts pour perturber la circulation des trains est racontée  dans le film  » La bataille du rail » (René Clément – 1946). Dans cet extrait du film, il y a un exemple de sabotage

Sous la gare, il y a un grand couloir qui permet de passer sous les rails. Nous y avons vu l’entrée d’un ancien tunnel que les Allemands utilisaient comme un abri. Le public n’a pas le droit d’y aller mais sur les photos on peut encore voir le panneau « Réservé à la Wehrmacht ».

source image : Wikipedia

 

 

 

 

 

Les Résistants avaient réussi à installer un émetteur récepteur radio en haut du campanile de la gare. Cela leur a permis de transmettre des informations aux Alliés pour qu’ils bombardent une usine qui fabriquait des moteurs d’avion destinés à l’armée allemande en février 1944.

Sur un des murs extérieurs de la gare, nous avons vu des impacts de balles. Ce sont les traces des combats pour la libération de Limoges en août 1944.

A l’arrière de la gare, le guide nous a montré un portail en fer qui permet d’ aller directement sur les quais. C’est par là que la Gestapo et la milice faisaient passer les prisonniers qu’ils allaient déportés.  Nous avons parlé de Thérèse Menot, une résistante limousine qui a été déportée à Ravensbrück . Pendant la guerre, elle a distribué beaucoup de faux papiers pour permettre aux gens de se cacher et des tracts pour encourager les ouvriers à saboter les moteurs d’avion qu’ils devaient fabriquer pour l’Allemagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2002, elle a demandé à poser une plaque pour qu’on se souvienne de tous les Déportés.

 

 

 

 

Le guide nous a aussi montré un brassard « DP », ce sont les initiales de « défense passive ». La défense passive c’est tout ce qui est mis en place pour protéger les civils en cas de bombardement :  des surveillants et des sirènes pour alerter la population, des abris souterrains,  la formation de la population sur ce qu’il faut faire en cas d’alerte…

Ensuite,  nous avons fait un jeu de piste pour retrouver les hôtels qui ont hébergé les réfugiés pendant la guerre.  Certains noms de rues à Limoges ont changé après la guerre, comme à Bourganeuf et dans beaucoup d’autres villes de France. Nous avons emprunté l’Avenue du Général De Gaulle pour aller jusqu’au Monument aux Morts. 

Le monument aux Morts de Limoges est rare en France car c’est un monument à la gloire de la Paix. Il est composé de trois parties :

  • La première chose que l’on voit, c’est l’inscription sur le socle « Aux enfants de Limoges morts pour la France et la paix du monde ». Il y a aussi un soldat mort (= un gisant) et une femme qui pleure. Les sculpteurs voulaient montrer la douleur des Hommes et l’espoir d’un monde meilleur.
  • De chaque côté du socle, il y a une statue : un ouvrier qui fabrique des chaussures et un ouvrier en porcelaine qui est plus âgé. Ils symbolisent la ville de Limoges qui a été touchée par la guerre mais qui a réussit à survivre. C’est rare que des hommes figurent en civil sur un monument aux morts.
  • Au dessus, une femme représente la Paix et la République. Elle piétine un dragon, symbole de la guerre et du totalitarisme. Dans sa main gauche, elle tient une corbeille de fruits (= une corne d’abondance) qui symbolise les bienfaits de la Paix.

 

 

La venue de Mme Greminger, M. Avizou et M. Moreigne dans notre classe

Madame Greminger, Monsieur Avizou et Monsieur Moreigne sont venus pour nous parler de l’histoire de Bourganeuf pendant la Seconde Guerre mondiale, des familles Juives déportées et des camps de concentration.
Avant de commencer, ils nous ont demandé ce que l’on connaissait de la Seconde Guerre mondiale.
Madame Greminger nous a ensuite raconté la vie d’une adolescente Yvette Zeligson, de Paul Rosenbaum et des familles raflées le 21 juillet 1944, à Bourganeuf.
Elle nous a raconté un souvenir. Quand elle avait 2 ans, un soldat allemand l’a prise dans ses bras et lui a donné un morceau de sucre.

Monsieur Avizou est un ancien professeur d’histoire. Il nous a raconté la vie dans les camps de concentration et nous a parlé de son père qui a été emprisonné pendant 5 ans dans un camp de travail.

Monsieur Moreigne nous a parlé de la vie du Docteur Elman de Bourganeuf. Il nous a aussi montré une carte de l’Allemagne en 1938, avec tous les camps de concentration et de travail.
C’était des Résistants Allemands qui l’avaient envoyée aux Français.

Notre avis :
Nous avons appris plein de choses que l’on ne connaissait pas.  C’était bien qu’ils soient venus nous voir. C’était un honneur. Nous avons adoré qu’ils nous parlent de l’histoire de la ville l’on vit.
Cela nous a permis de connaître Bourganeuf de 1939 à 1945 .

Manon ,Yassim, Berat, Hafsa

 

Monsieur Avizou est agrégé d’histoire et ancien professeur.
Son père a été emprisonné durant la Seconde Guerre mondiale. Lui est né après la guerre.
Il nous a parlé des camps de concentration, de la vie des Juifs qui ont dû quitter leurs pays et des enfant sauvés par l’O.S.E (Oeuvre de Secours des Enfants) et cachés dans des châteaux de Creuse comme Masgelier près de de Grand-Bourg, Chabannes à Saint-Pierre-de-Fursac et Chaumont près de Mainsat. Il a surtout répondu à nos nombreuses questions.
C’était très intéressant.

Jordan, Sedef, Camille, Zeyd

 

Madame Greminger fait des recherches et elle nous a parlé des familles juives déportées de Bourganeuf qu’elle a retrouvées.
Yvette Zeligson était une jeune fille juive de 14 ans et était la petite Anne Frank de Bourganeuf.
Elles avaient presque le même âge, elles étaient toutes les deux juives et elles ont été arrêtées presque en même temps : Yvette lors de la rafle du 21 juillet 1944 et Anne Frank le 4 août.
Elles ont été toutes les deux à Auschwitz.

Mme Greminger nous a parlé d’autres familles raflées à la même date et de l’histoire d’une mère et sa fille qui faisaient les courses. Quand elles sont arrivées près chez elles, une femme les a prévenues de la rafle en leur disant « partez vite !»

Elle nous a montré des photos d’Yvette seule puis Yvette avec ses cousins, Claude et Gérard et nous a parlé d’un de ses souvenirs d’enfance: elle avait deux ans quand un soldat allemand l’a prise dans ses bras et lui a donné un sucre.

Marie, Chloé, Samuel et Hayri

 

Monsieur Moreigne est venu dans l’école Marie Curie pour nous parler d’une car te faite par la Résistance allemande datant de 1938 et d’un docteur qui habitait à Bourganeuf.
Revenons à la carte de la Résistance.
Elle indique par des formes géométriques, les camps de concentration et les prisons. Il y avait beaucoup de points sur cette carte qui a été transmise à la France mais n’a servi a rien.

Parlons maintenant du Docteur Elman qui habitait à Bourganeuf, à la Voie Dieu.
Le docteur était un Juif originaire de Roumanie. Sa femme et ses trois enfants étaient également Juifs. Le docteur Elman a reçu une lettre lui indiquant qu’il ne pouvait exercer sont métier puis une autre qui lui interdisait de circuler en voiture. Ne pouvant plus travailler, il est devenu ouvrier agricole à Masbaraud.
Plus tard il sera le médecin des Résistants, autour de Bourganeuf .

Mathias, Humeyra, Bathuan, Cybellia 

 

On a rencontré Madame Greminger qui nous a raconté ses souvenirs d’enfance et ça nous a plu.
Elle nous a raconté que des familles de Bourganeuf ont été raflées le 21 juillet 1944 et déportées pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle nous a appris beaucoup de choses et elle a fait une comparaison entre Yvette Zeligson et Anne Frank. Elle a aussi raconté qu’Yvette allait se baigner dans la rivière du Montalescot et nous a montré des photos de ses cousins.
Elle nous a parlé de l’histoire de Paul Rosenbaum qui avait 13 ans en 1944. Il a été raflé à Bourganeuf à la même date que beaucoup d’autres personnes, puis déporté. Durant le voyage vers les camps, il est tombé malade et a été hospitalisé.
C’est ce qu’il lui a sauvé la vie. Paul est aujourd’hui en vie et a 87 ans.

Théo, Lucas, Zeynep, Marie-Sarah