Un témoignage glaçant sur l’horreur nazie

Mardi 05 mars 2019, à la salle culturelle d’Allassac, les élèves de 3e ont assisté à un témoignage très émouvant et difficile, celui de Frania Einsenbach Haverland, une ancienne déportée, victime de l’horreur nazie.

Introduction au témoignage. Photo collège Objat

L’ensemble des troisièmes des collèges  d’Allassac et d’Objat ainsi que les apprentis du lycée agricole de Voutezac ont été réunis  pour cette occasion dans la grande salle culturelle d’Allassac afin d’écouter Mme Haverland, 93 ans, nous parler de sa vie.

D’une  voix ferme et déterminée, parfois étranglée par l’émotion, elle a raconté sa terrible histoire dans un silence religieux.

Fania E. H. est la dernière d’une famille juive de trois enfants, vivant à Tarnow, en Pologne. Elle est née en 1926 et a aujourd’hui 93 ans. Son père était chef d’orchestre et sa mère pianiste pour les films muets. Elle avait treize ans quand les allemands sont arrivés dans sa ville, son père la confie alors à un de ses deux grands frères. Sa famille entière sera décimée pendant cette période. Elle ne reverra ni son père, ni sa mère, ni ses frères.

Elle est elle-aussi arrêtée, puis conduite au camp de travail de Plaszow par convoi en train, ce trajet dure trois jours et trois nuits pour seulement faire 60 kilomètres. A partir de là, ce sera l’horreur à l’état pur.

« On aurait dit une histoire digne d’un film tant c’était intense » nous confie Solange ; Frania raconte aux élèves certains des innombrables faits horribles perpétrés par les nazis ;« elle nous a raconté qu’elle avait vu une famille baignant dans son sang, dans la maison voisine »nous confie Solange, « mais ce qui m’a particulièrement touché, comme beaucoup d’autres élèves, c’est lorsque Frania a raconté que des nazis avaient joué au football avec un bébé, un nouveau-né tout juste séparé de sa mère, c’est l’anecdote dont je me rappellerai le plus » nous avoue Solange.

Certains ont aussi retenu l’habitude funeste qu’avait le directeur du camp de tirer chaque matin sur les déportés depuis son balcon, pour se divertir.  Ou encore, la fois où Frania fut à de deux doigts de se faire fusiller après avoir dû se résigner d’avouer aux nazis qu’elle était malade : elle ne saura jamais pourquoi ce jour-là, au bord de la fosse où s’entassaient déjà de nombreux cadavres, elle et les autres détenus ont été épargnés,  mais la fusillade fut repoussée au dernier moment grâce à un ordre transmis sur un papier à l’officier.

A la fin de la rencontre, Frania embrasse Océane, une de nos camarades. Photo Collège Objat

La maladie, la faim, les tortures, la peur, Frania a raconté ces années terribles avec une mémoire très vive de tous ces souvenirs atroces.

« Avoir un témoignage, cela a rendu concret tout ce qu’on a vu en histoire », nous explique Claudia, « ça marque beaucoup plus ».

« Grâce à son témoignage, on a pu voir ce qui s’est réellement passé pendant la guerre, dans les ghettos, dans les camps »  nous dit Romane, qui a trouvé cette rencontre très forte .

Depuis quelques années, Frania a décidé de témoigner ainsi de ses épreuves, pensant qu’« en nous prévenant du danger, elle nous en protège ».

Car aujourd’hui, elle a peur. Claudia explique :« Frania nous a alerté, elle a peur que l’antisémitisme soit à nouveau un vrai problème aujourd’hui, car on voit beaucoup de gens et d’actes antisémites aux actualités ».

Article écrit par Caroline,

d’après les notes prises pendant la rencontre  et les  témoignages d’élèves

(1 commentaire)

    • Pouzet on 16 mars 2019 at 9 h 55 min
    • Répondre

    bel article

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